Etude pour un schéma directeur et maîtrise d’oeuvre pour le réaménagement du hall public et mise en sécurité incendie de l’Hôtel de ville / Grenoble (38)

Commande : Ville de Grenoble / 2020 – en cours

Avec : Milk architectesOPCI (BET OPC), JPG Conseil (BET Fluides thermiques), CONCEPT Elec (BET Electricité), EA2C (BET ECONOMIE)

L’hôtel de ville de Grenoble, construit en 1968, fait partie du programme des équipements publics de la Ville Olympique. Le nouvel Hôtel de ville, symbole de l’architecture moderne, est dessiné et construit par l‘architecte Maurice Novarina, Jacques Giovannoni, Marcel Welti (architectes), Alain Motte (décorateur), avec l’intervention de nombreux artistes. L’hôtel de ville est labellisé Patrimoine du XXème siècle depuis 2003 (aujourd’hui label ACR).

  • Diagnostic d’un objet moderne :

Un parti architectural classique : la structure béton, lisible, fait le caractère du bâtiment, rappelant les ossatures d’Auguste Perret, où les verticales de béton, squelette de l’édifice, sont apparentes. Les façades de la galette sont rythmées de poteaux en béton brut, démunies de tout autre décor. La référence au maître – présent non loin de là, via sa tour d’orientation de 1925 – n’est pas revendiquée par Novarina mais le principe d’ossature, les ouvertures verticales ainsi que le béton brut à la couleur grise et dorée rapproche ce bâtiment du classicisme structurel.

Une structure monumentale : les poutres en caisson mesurent 14 mètres de portée ce qui permet de dégager de vastes espaces entre les points porteurs. La tour est soutenue au-dessus du bâtiment bas par une poutre en caisson de 23 mètres de long, semblable à une travée de pont. Elle repose sur deux piles profondément ancrées dans le sol.

La collaboration avec les ateliers Prouvé :  le classicisme de l’édifice est couplé à un élément préfabriqué moderne : le mur-rideau. Composé d’une ossature aluminium et de vitrages, cet élément est réalisé par les ateliers de Jean Prouvé. Le constructeur est présent à Grenoble à partir de 1967, lorsqu’il travaille sur le palais des expositions de la ville, Alpexpo, grande halle qui accueille des manifestations commerciales et culturelles, ainsi que sur la fabrication du lycée Jean Bart. Bien que les deux hommes ne semblent pas s’être rencontré sur ce projet – alors qu’ils s’étaient côtoyés à Evian dix ans auparavant – et que le nom de Jean Prouvé ne figure dans aucun document1, le choix d‘un procédé technique comme le mur rideau témoigne de la part de l’équipe de conception d’un intérêt pour les matériaux préfabriqués, choix motivé aussi par le coût.